Dans le kidouch du vendredi soir, nous ouvrons par des versets de la Tora ‘’yom hachichi’’, nous rappelons que D’IEU créa le monde en six jours et que le septième jour IL stoppa son œuvre.

Rav Eliyahou Lopian fait un constat intéressant : c’est par la parole que D’IEU créa le monde, par conséquent lorsqu’on dit qu’il stoppa son œuvre cela veut dire qu’il s’arrêta de parler ! Nous devons apprendre à redoubler de vigilance quant à notre parler durant le jour de Chabat et plus particulièrement à garder notre silence durant le jour de Chabat.

C’est dire que Chabat est le jour du silence ! La puissance du Chabat se trouve dans ce que nous ne disons pas, dans cette retenue de la parole. Nous trouvons dans le Choulh’an Arouh’ deux chapitres quant au contenu des propos qu’on a le droit, ou pas, de prononcer pendant Chabat – voir O’’H chapitres 306 et 307.

En réalité la comparaison que fait le Rav ici est osée, puisque si D’IEU crée par la parole et arrête son œuvre par son silence, pour l’homme l’œuvre se dessine par l’action et s’arrête donc par l’arrêt de l’action ; de nous demander de nous inspirer du silence de D’IEU est une idée surpuissante, notion en soi connue d’ailleurs par ailleurs – voir Rambam Déot 1er chapitre et Tomer Dévora du Rav Moché Kordovero, les Maîtres nous invitent à prendre exemple de D’IEU (!), et dire que notre Chabat doit-être semblable au silence de D’IEU est quelque peu étonnant.

Cela veut dire que faire Chabat c’est pénétrer dans l’univers du divin et se comporter comme le divin ! Chabat va bien au-delà de l’arrêt physique de nos œuvres, d’ailleurs selon ce discours il en résulte que l’arrêt physique de tout travail n’est pas l’objectif à atteindre.

Cet arrêt de notre rapport à la matière a pour but de nous conduire jusqu’au plus haut niveau de la vie, se hisser jusqu’à D’IEU et faire comme Lui. On ne ‘’fait’’ rien non pas pour parler plus mais le ‘’non faire’’ du Chabat doit nous conduire au ‘’non parler’’ au silence qui débute par la bouche et nous conduit au plus profond de notre être et de sa sensibilité.

C’est dans cette profondeur de l’être qu’on rencontre le divin. En somme cela veut dire : si tu veux entendre le divin résonner en toi et tu veux rentrer en contact avec le divin plonge dans un silence qui te permettra de traverser toutes les couches de la matière pour la surpasser et entendre autre chose que le ‘’bruit’’ de la matière.

Nous avons un autre exemple qui s’inscrit dans cet exercice : la Prière, qui elle aussi se fait à voix basse afin d’entendre cette voix divine qui nous parle et à laquelle nous nous adressons. La connexion « D’IEU – Homme » se fait dans ce qui ne se dit pas et ne s’entend pas.

Le silence fait (parfois) peur à l’humain, parce qu’il sait qu’il va y rencontrer l’infini, l’origine de la vie, le sublime, et si dans ce silence on rencontre D’IEU on découvre un nouveau Moi.

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