Chabbat avec le sourire

Il y a une cinquantaine d’années le judaïsme aux Etats-Unis était très difficile à pratiquer. Un vieil homme raconta au Gaon Rav Moché Feinstein zal les difficultés qu’il rencontra pour trouver du travail. Chaque fois qu’il disait qu’il voulait respectait Chabat et ne pas venir travailler le patron ne l’acceptait pas. Et, là où on le prenait, lorsqu’il ne venait pas Chabat alors le dimanche il était renvoyé. De nombreux juifs rencontrèrent cette difficulté et finissaient par trouver des petits boulots qui ne leur rapportait pas grand-chose. Cet homme raconta au Rav que lui et tous ses amis avaient rencontré cette difficulté, mais que tant bien que mal ils gardaient Chabat avec ferveur. Le Rav lui demanda : et qu’en est-il de vos enfants, que sont-ils devenus ? L’homme raconta que les enfants aveint suivi la voie de l’université et avaient des métiers plus nobles, commerçants, avocats, médecins. Le Rav insista : mais les enfants, la nouvelle génération, sont-ils pratiquants ? Font-ils Chabat ? Malheureusement non, répondit l’homme ! Le Rav s’interrogea : comment se fait-il que des personnes qui se sont dévouées pour faire Chabat voient leurs enfants quitter la Tora et le Chabat en particulier ? J’ai compris, s’est dit le Rav : ces hommes même s’ils se sont dévoués pour faire Chabat, chaque fois qu’ils rentraient chez eux ils n’exprimaient que du regret, ils ne vivaient pas la

situation avec joie et fierté. Leur discours était du type : à cause de Chabat je n’ai pas un métier satisfaisant ; c’est à cause de Chabat que j’ai été licencié. Qu’est-ce que les enfants entendent ? Qu’il est insupportable de faire Chabat! Que l’accomplissement de la Tora est un labeur! Lorsque les enfants entendent ce genre de discours ils fuient la Tora. Si l’homme travaillait dur pour ramasser des diamants se serait-il plaint du labeur nécessaire ? certainement pas, il rentrerait le soir chez lui épuisé mais content et satisfait. C’est ainsi qu’on doit vivre Chabat, c’est dur mais c’est avec joie et sourire qu’on fait Chabat.

Rav Yaakov Galinsky zal conclut (Rabi Yaakov Omer page 237) : l’essentiel en matière d’éducation est l’exemplarité des parents !
Les enfants voient là où les parents sont heureux et satisfaits et c’est dans ce domaine qu’ils se mettront à faire pareil. Là où tu souris tes enfants te suivront. Ce que tu vis comme une besogne tes enfants te quitteront. Ceci prend un sens particulier à propos du Chabat. Chabat n’est pas encore une mitsva qu’on doit faire avec le sourire, Chabat est le sourire même de la vie. Chabat demande un certain dévouement, c’est vrai, mais c’est tellement enrichissant, gratifiant, Chabat est un moment de joie sans égal ! Faisons Chabat avec le sourire, Chabat est sourire.

Les fantasmes de la vie

Voila l’histoire de Réouven, un homme pauvre et démuni. Un jour de Chabat sur son chemin il distingue une liasse de billets au sol. Sa première réaction est bien évidemment de poursuivre sa route puisque c’est Chabat. Puis il rebrousse chemin se disant que c’est une opportunité. Oui mais c’est Chabat. Il se dit que malgré tout son état de pauvreté lui laisse le droit de transgresser Chabat. Mais dans son for intérieur il se dit que plutôt de prendre l’argent avec les mains il le ferait glisser avec ses pieds. Vous comprenez le dilemme de cet homme. Toujours dans ses pensées, passe par là un ami qui lui dit : crois-tu vraiment que se sont de vrais billets ne vois tu pas qu’ils sont faux ! Son rêve s’évapore et il poursuit sa route. Le Saba de Novardok tirait de cette histoire la leçon comme suit : le yetser hara te fait croire monts et merveilles, rappelle-lui que tout ce qu’il te fait croire est pur fantasme ainsi tu le vaincras ! C’est cela même l’enjeu du Chabat, prendre conscience et se rendre compte que nombre de nos désirs sont du vent et qu’à cent vingt ans tout s’évaporera qu’on n’en garde rien. Chabat nous indique où se trouve le réel investissement.

Faux billet

Lorsque Chimon fait son chemin pendant Chabat il voit un billet de cent dollar posé au sol. Il met son pied dessus et attend la fin de Chabat pour le ramasser. Chabat est fini il ramasse le billet, à ce moment là un pauvre vient et lui dit qu’il avait vu le billet avant lui et qu’il attendait la fin de Chabat pour le ramasser. Chimon lui rétorque : voir le premier n’en donne pas un droit mais par générosité il veut bien lui offrir vingt dollars. Au moment de ramasser le billet il constate que ce n’est autre qu’un faux billet sur représentant une publicité. La question se pose : doit il donner les vingt dollars promis au pauvre ? Rav ben Sarouk (Métikout Hatora page 257) rapporte au nom du gaon Rav Yitsh’ak Zilberstein chalita : Chimon est dispensé de donner les vingt dollars promis ! Effectivement il les a promis parce qu’il pensait que c’était là un vrai billet, son engagement s’avère être erroné, dans ce cas le Rama Y’’D 258-2 stipule qu’une promesse de tsédaka basée sur une erreur dispense d’honorer la promesse !

Chabat, effet GPS

Le Mesilat Yécharim (chapitre 2) écrit : le yetser hara sait que si l’homme prenait le temps de réfléchir sur le sens de leur vie il ne fauterait jamais. Pour contrer cela le yetser hara a plus d’un tour dans sa poche pour perturber l’homme dans ses pensées et lui présenter sans cesse des occupations afin qu’il ne se penche pas sur le sens de sa vie. On retrouve ce phénomène chez le Pharaon qui avait alourdi le travail des Enfants d’Israël lorsqu’ils étaient esclaves, son but était de ne pas leur laisser de répit, qu’ils travaillent sans cesse et ne puissent pas manifester leur mécontentement de la situation et de leur état. Il s’impose à l’homme de prendre un temps de réflexion sur sa vie, sinon il va en déclinant et se perd dans ce monde jusqu’à en oublier l’essentiel. Le Gaon Rav Dan Segal rappelle : Chabat est un jour où l’on stoppe l’hémorragie de la course de la vie afin de revoir ses positions et revenir vers les vrais enjeux de la vie ! On court mais on ne sait plus où on va, Chabat est là pour nous remettre sur les rails. Sans Chabat on s’égare on se perd. Chabat c’est le Gps de notre vie…

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