« La Première Mitsvah – Time is the Life ! » par Rav Moché Mergui-Roch Hayéchiva

LA PREMIERE MITSVAH ! Le lendemain de la sortie d’Egypte, la TORAH nous ordonne de compter quotidiennement le temps pendant 49 jours, soit 7 semaines, comme il est dit dans la Parachat EMOR (23-15) : « Vous compterez pour vous [LAH’EM] le lendemain de la fête, depuis le jour où vous aurez offert l’OMER, 7 semaines entières, soit 50 jours, et vous offrirez une offrande nouvelle deux pains de deux dixièmes de fine farine. » Letemps!«TimeistheLife!»Letempsc’estla VIE, et la VIE c’est le TEMPS. Le temps est très précieux, il faut l’employer au mieux et le mettre au Service divin.

A propos du temps, le ROI DAVID dit dans le Psaume 144, verset 4 : « L’homme est semblable à la buée, ses jours sont comme l’ombre qui passe. »

H’AZAL s’interroge : à quelle allure passe le temps ? A l’allure de l’ombre de l’oiseau qui vole.
La TORAH précise donc : « Vous compterez pour vous [LAH’EM], dans votre intérêt. » Il s’agit de compter chaque jour, d’apprécier chaque instant pour se préparer à l’événement le plus important de l’histoire d’Israël, le 50ème jour qui est la fête de SHAVOUOT, la fête du DON DE LA TORAH !

Chaque jour correspond au temps nécessaire pour se perfectionner, s’améliorer afin de s’imprégner des 48 qualités indispensables pour acquérir notre sainte TORAH, comme il est enseigné dans les PIRKE AVOT (5-6) : « La TORAH est plus grande que la prêtrise et la royauté. »

La prêtrise s’acquiert avec 24 qualités, la royauté avec 30 et la TORAH s’acquiert avec 48 qualités. En voici quelques-unes : la première, absolument indispensable, c’est avant tout l’Etude et la connaissance de la Torah, puis l’écoute, l’humilité, la joie, la fréquentation des Sages, la confiance dans l’enseignement des maîtres, connaître la place qui nous revient, être aimable, aimer HAKADOSH BAROUHOU, accepter la réprimande… Certain disent : time is money. Nos SAGES nous enseignent : TIME IS THE LIFE (PIRKE AVOT 5-7) Grande est la TORAH : elle donne à ceux qui la pratiquent la vie en ce monde et la félicité dans le monde futur, elle est un Arbre de VIE pour ceux qui s’y attachent, et ceux qui la soutiennent sont heureux.

Ne perdons pas le temps précieux à nous amuser, c’est-à-dire à user son âme. N’oublions pas : TIME IS THE LIFE !

La Paresse – par Rav Immanouel Mergui

La paresse est un vice à propos duquel le Mesilat Yécharim (chapitre) écrit un point apeurant : les méfaits de la paresse sont tel un poison qui s’étend petit à petit sans que l’homme ne s’en rende compte et ce jusqu’à ce qu’il lui cause la mort ! Et si l’homme se défend prétextant que la paresse est un comportement naturel, à part le fait qu’il y a un travail à faireface à cette nature qui abime notre existence, il faut avoir en mémoire que le poison tout aussi naturel soit-il il cause le pire.

Au traité Bérah’ot 61A Rav enseigne : le yetser hara ressemble au blé ! Quel est le sens de cet enseignement ? Le Ktav Sofer (Béréchit) explique à partir d’un autre enseignement du Talmud au traité Chabat 108B : le yetser hara incitel’homme à commettre une petite faute, et petit à petit il le conduit jusqu’à l’idolâtrie. C’est cela le sens du blé, ce n’est qu’une petite graine mais lorsqu’on la sème elle pousse et rempli un champ. Ainsi le yetser hara au début il se fait petit puis il devient grand! Cet enseignement illustre bien ce que dit le Mesilat Yécharim à propos de la paresse. Il y a quelque chose d’étonnant dans la paresse, et de manière générale dans le mal. On ne se rend pas compte de la conséquence mais en vérité on ne voit même pas le mal qu’il y a dans la paresse. Sans parler du phénomène qu’on prétexte

toujours notre rien faire, comme le démontre encore le Mesilat Yécharim. Il est difficile de corriger ce qu’on ne pense pas comme étant du négatif. Et pourtant ce négatif crée en l’homme une moisissure qui l’emporte et finie par tout ravager. La question est de savoir comment faire pour ne serait ce que prendre conscience qu’il y a ici un problème. Il y a des vices dont on est conscient du mal qu’ils représentent, ce n’est pas le cas pour la paresse dont on ne distingue pas la problématique, et pourtant elle crée des ravages.

La première fois que le Talmud nous parle de la paresse c’est dans un contexte très particulier. Au traité Bérah’ot 31A la Guémara enseigne : on ne prie pas d’un sentiment de paresse ! La profondeur de ce texte est extrême. La paresse s’oppose en particulier à la prière. Pourquoi ?

Prier avec paresse c’est prier ans élan, sans entrain, prier juste parce qu’il faut prier. L’élan n’est pas qu’une question d’option dans la prière, on pourrait dire que l’élan est le propre même, l’essence de la prière. C’est même sans doute à travers la prière qu’on acquiert le zèle et l’entrain.

Pourquoi ? Comment ?
La prière contient deux parties, nous enseigne le Gaon Rabi H’aïm de Brisk. Il y a le fait même de prier, l’exercice de laprière et il y a le contenu de la

prière. Nous concernant nous dirons : l’exercice de la prière qui consiste à se rendre compte que nous sommes devant D’IEU et nous lui parlons – cela est déjà suffisant en soi pour nous élancer et nous sortir du poids de notre paresse. Effectivement lorsqu’on se retrouve face à une situation aussi sublime et puissante que tel on ne peut qu’être plein de vitalité. Se retrouver à parler à D’IEU en direct n’est pas quelque chose de banal. Pour illustrer la chose, si nous parlons de façon nonchalante à notre interlocuteur il est de toute évidence qu’il ne restera pas à notre écoute plus que quelques secondes. Comment espérer recevoir toute l’attention divine à notre prière si l’on prie avec lourdeur ?!

Le contenu de la prière. De toute évidence les mots de la prière, ne serait-ce que leur sens premier et littéral ne peuvent pas nous laisser indifférent et les mêmes ! Si nous investissons ne serait-ce qu’un tout petit peu dans le contenu de la prière notre paresse s’évaporerait.

Le meilleur exercice pour remédier à notre paresse est une bonne prière. Pour ce faire il nous 1) prier, 2) aller à la synagogue, 3) prier avec sérieux, 4) comprendre le texte de la prière.

Tehilim 13

Inspiré de Rachi et du Radak, le roi David a prononcé ce mizmor à propos des quatre exils que le peuple d’Israël connaîtra, traversera. Sa prière envers D’IEU est que D’IEU ne nous oublie pas en exil et ne cache pas sa face envers les Enfants d’Israël.
Certains expliquent que le roi David a prononcé ce mizmor sur lui-même, au moment où il se trouve dans des situations de détresse, où il est poursuivi par ses ennemis.
On a déjà vu plusieurs fois cette idée, que les Tehilim ont une double face qui sont liées, la face individuelle et l’aspect collectif, communautaire d’Israël. Ce petit mizmor composé de six versets, contient une des notions les plus fondamentales de la Tora : au deuxième verset, le roi David se demande « jusqu’à quand D’IEU Tu vas m’oublier et jusqu’à quand Tu cacheras Ta face de moi ». Parfois l’homme a l’impression que D’IEU l’a oublié ou que D’IEU se cache. Il a le droit de s’interroger de cet oubli… !
Quelle est la différence entre l’oubli et le fait que D’IEU se cache ?
Le Malbim explique : oublier ça veut dire que D’IEU a retiré sa providence de l’homme de par ses fautes et le laisse aux lois du hasard.
Le ‘’ester panim’’ – D’IEU se cache ça veut dire que D’IEU

s’occupe de la personne mais le comportement divin envers l’homme va le faire passer par des moyens naturels. Il y a le mikrei (le fortuit et le hasard) et le téva (les lois de la nature). L’oubli c’est le mikrei, D’IEU laisse l’homme au hasard, le‘’ester panim’’ c’est lorsque D’IEU s’occupe de l’homme mais par des voies naturelles, par le téva.

C’est quoi le ‘’ester panim’’ ? C’est une des grandes notions de la Tora. D’IEU se cache, ça veut dire on sait qu’Il est là mais onneLevoitpas,onneLe perçoit pas.

Le Chevet Hamoussar, dans son commentaire sur Tehilim, dit qu’étant donné que nous sommes dans l’exil et que l’exil est long, il nous fait du mal, on se bat tant bien que mal, on se dévoue pour faire la Tora et les mitsvot, beaucoup de messirout nefesh, mais étant donné que l’homme faute, il perd la notion de tselem elokim, l’Image Divine, il perd le sceau divin par lequel D’IEU a marqué l’homme. Et lorsque le tselem elokim ne se perçoit plus sur l’homme ça s’appelle le ‘’ester panim’’. Il se trouve que la face divine est cachée de nous, non pas que D’IEU se cache, mais qu’on ne voit plus le tselem elokim qui est en nous. Et lorsque l’homme ne voit plus le tselem elokim qui est en lui, il ne croit plus en lui, il n’a pas d’aspiration, d’objectifs, d’envie d’avancer et d’évoluer.

Dans le dernier verset de ce Psaume le roi David dit à D’IEU qu’il a confiance en Son h’essed, en Sa bonté. Ça veut dire

l’homme, conscient de son incorrection, de son inaptitude, ne se tourne pas vers D’IEU pour demander quelque chose par le mérite de ses actions mais implore le hessed divin. D’IEU est koulo h’essed, entièrement et complètement généreux, bienveillant. Et au nom de ce h’essed divin, en lequel j’ai confiance, sans faire de calcul, sans regarder si je mérite, alors « mon cœur se réjouit de Ta délivrance, de Ton secours et je chante à D’IEU un chant de remerciement car D’IEU m’a donné ce hessed gratuitement ». De par cet exercice de reconnaissance de la bonté divine l’homme dévoile D’IEU, il n’y a plus d’aspect caché et de sentiment d’oubli et d’abandon !

Selon le Sefer Hakadmon, le psaume 13 est une ségoula pour celui qui a un problème aux yeux et également pour être préservé d’une mort inhabituelle et de tout malheur, de tout drame. David dit à D’IEU qu’il veut Le voir et qu’on voit sur lui-même le tselem elokim. Ça veut dire c’est lorsque les yeux ne voient pas, et lorsque le cœur ne ressent pas, donc c’est une segoula pour la santé des yeux et être préservé d’une mort inhabituelle. Car si le peuple perd de son intensité en exil, il y a une promesse divine que le peuple ne sera jamais oublié et abandonné et c’est en cet espoir en cette bonté ce hessed divin que nous plaçons toute notre espérance.

Parachat Emor

Garder son calme

A la fin de la Paracha il est raconté l’épisode du blasphémateur. La Tora nous dit qu’ils le placèrent en prison afin de consulter D’IEU pour connaître la sentence à appliquer. Rachi explique qu’ils ignoraient s’ils devaient le punir par la mort ou par une autre sanction. Le Gaon Rav Mechoulam David Soloveitchik zal (Chaï Latora) fait remarquer qu’à aucun moment la Tora nous dit que Moché interrogea D’IEU sur la sentence de cet homme ? Il fait remarquer que Yonathan Ben Ouziel traduit notre verset ainsi ‘’ouMoché hava matoun’’ – Moché était circonspect, l’ampleur de la faute était-elle que Moché resta posé et ne s’emballa pas, comme s’il fallait attendre que l’information vienne de D’IEU lui-même.

Rappelons que le blasphème témoigne d’une personne qui dit du mal sur D’IEU (à D’IEU ne plaise, h’as véchalom). L’homme doit ici s’effacer complètement et laisser D’IEU réagir et intervenir.
Mais il y a là une idée géniale. On se trouve parfois dans notre vie face à des situations extrêmes dont on ne sait pas par où attraper le problème, là nous faisons preuve d’une certaine panique et nous agissons avec effroi et prenons les mauvaises décisions. Moché nous apprend que dans l’extrême nous devons garder notre calme, c’est ainsi que nous laissons la place à D’IEU pour qu’IL intervienne. Ceci peut paraître paradoxal, comment rester calme lorsqu’on est face à une situation d’urgence ? Pour laisser toute la place à D’IEU… !

Tora Or

A la fin de notre Paracha il est raconté un épisode quelque peu bizarre. Un homme prononça un blasphème et sera condamné à mort. Quel est son blasphème prononcé ?
Rachi cite l’opinion de Rabi Bérah’ya : il se moqua du Pain qui se trouvait sur la Table dans le >sanctuaire et s’exclama avec épris : est-il normal que le roi consomme un pain datant de neuf jours, effectivement ce pain resté une semaine dans le Sanctuaire.

Inspiré du commentaire du Arougat Habosem (rapporté dans Alim Litroufa page 397) l’idée de ce Maître est ainsi : la Tora est éternelle, elle ne changera pas avec le temps, le blasphème de cet homme est qu’il voyait dans la Tora une limite dans le temps et une inadaptation de ses lois et enseignements au fil des générations. A un moment donné la Tora est vieillie. Pour lui le pain restant dans le sanctuaire toute une semaine ne peut être que du pain rassis, toutefois il a oublié qu’il restait frais au bout d’une semaine. On ne change pas les valeurs de la Tora au gré des générations, on adapte les générations aux valeurs de la Tora ! La Tora ne vieillie pas c’est improbable. Miracle ! Peut-être mais surtout parce que la Tora est infinie, elle une saveur qui ne ternie jamais. Les réformes proposées par certains dans la Tora ne sont malheureusement que l’expression d’un blasphème. A nous de raviver la flamme de l’étude et de la pratique pour goûter à cette saveur infinie, surprenante et revivifiant.

Il est condamné à mort, parce que celui qui pense que la Tora est morte il prouve sa propre extinction. « Tora Or », s’est prononcé le roi Chlomo, la Tora EST lumière, ce qui est lumière par essence ne s’éteint jamais.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *