« Je cherche mes frères » – par Rav Moché Mergui-Roch Hayéchiva

La TORAH dit (PARACHAT VAÏGACH 545-1) : « YOSSEF ne put se contenir, devant tous ceux qui étaient présents. Il s’écria : ‘faites sortir tout le monde de devant moi.’ Et nul homme ne fut présent lorsqu’il éleva sa voix avec des pleurs (…) : ‘Je suis YOSSEF, mon père est-il encore vivant ?’ »

Vingt-deux ans auparavant, chargé par son père YAACOV de la mission de lui apporter des nouvelles de ses frères, YOSSEF, « égaré », rencontre un homme dans la campagne, qui lui demande : « Que cherches-tu ? ». YOSSEF répond : « Ce sont mes frères que je cherche ! » (Parachat VAYECHEV 37-16).

Au début YOSSEF est « égaré ». Cela signifie qu’il ne comprend pas la violente réaction de ses frères. LUI, les aime sincèrement et EUX le haïssent à mort.

Pendant 13 années, YOSSEF est durement éprouvé, afin de tester son attachement à ses frères : il est jeté sauvagement dans un puits, puis vendu comme esclave par ses frères. À l’âge de 18 ans, il est confronté à la provocation de la femme de Poutifar : il est condamné sans preuve et sans justification à 12 ans de prison.

Fidèle à la noblesse de son comportement, YOSSEF n’accuse pas ses frères d’être, pendant des heures aussi difficiles, à l’origine de ses douloureuses épreuves.

Grâce à la Providence divine, YOSSEF est nommé vice-roi d’Égypte. Il possède alors tous les pouvoirs. Ce serait donc le moment favorable pour annoncer à YAACOV : « Je suis vivant, je suis YOSSEF ton fils et vice-roi d’Égypte ! » Mais plutôt que d’accomplir la grande Mitsvah du KAVOD AV [L’HONNEUR dû à son PROPRE PÈRE], YOSSEF ne veut pas agir au détriment de ses frères, car ils seraient ainsi humiliés devant leur père au moment où éclate la Vérité.

Vingt-deux ans après que YOSSEF se soit « égaré », le moment tant attendu de la rencontre avec ses frères constituerait pour lui l’occasion de leur dire, après avoir révélé sa véritable identité : « Je suis votre frère qui vous AIME. » Mais à nouveau YOSSEF préfère se taire plutôt que de les humilier. Il choisit alors de leur exprimer de fausses accusations : d’être des espions, des voleurs…

La question se pose, concernant son comportement : est-il permis de mentir en portant de fausses accusations ? NON, sauf dans le cas précis qui consiste, au nom de l’amour de son prochain, à agir ainsi pour rétablir le Chalom avec la volonté de ne pas humilier. Uniquement dans ce cas, c’est permis.

RAV H’AMA enseigne que YOSSEF encourait un grand danger en se dévoilant à ses frères en disant : « JE SUIS YOSSEF. » Ceux-ci pouvaient, ‘Hass Ve Chalom, le tuer sur l’instant ! Mais fidèle à l’amour qu’il leur portait, YOSSEF se dit : mieux vaut succomber et mourir, que d’humilier mes frères.

YOSSEF a prouvé son amour sincère et authentique. Il a accompli la Mitsvah : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

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